Après 22 ans à travailler dans l’audiovisuel, j’ai ressenti ce besoin urgent de m’orienter vers un domaine qui correspondait mieux à ma personnalité.
Ma rencontre avec la terre fut une révélation. Medium d’expression, élément sensitif, matériau simple et naturel, mais qui demande une certaine technicité, la terre m’a happée immédiatement.
J’ai d’abord exercé le modelage en loisir. Puis j’ai abordé le tournage et fait l’acquisition d’un tour. A l’heure de ma reconversion, j’ai suivi une formation axée sur le tournage au CPIFAC afin de me professionnaliser et travailler les techniques des différentes formes.
J’ai toujours été sensible aux problématiques environnementales. D’abord inspirée par la nature et plus précisément les arbres, je me suis ensuite tournée vers notre nécessité à modifier nos comportements et nos habitudes de consommation. La sobriété devenait mon Leitmotiv et c’est donc tout naturellement que mes pièces se dépouillaient et devenaient délicates.
Pour autant j’ai toujours voulu renverser les idées reçues prétendant que le retour à la simplicité se devait d’être austère et triste, que ce soit dans ma vie personnelle, ou dans cette nouvelle vie professionnelle.
Je désire mes pièces utilitaires et sobres. Une ligne, convexe, concave, haute, basse, peu importe, elle sera élégante ! Et la finesse vers laquelle je tends ajoute une sensualité et une légèreté.
Certains y voient une inspiration japonaise, d’autres scandinave, mais pour la plupart, mon travail suscite harmonie et douceur.

Mais cette sobriété est avant tout un état d’esprit, et je l’applique également dans mon atelier.
L’eau est décantée et réutilisée, ainsi je ne gaspille pas une goutte. La terre est récupérée dans les moindres recoins, le moindre outil à nettoyer. Les terres se mélangent alors et j’en obtiens une nouvelle, unique, et sans avoir prélevé aucune autre ressource que celles déjà utilisées à l’atelier. Il me faudra alors prendre le temps de la recycler et de tester sa cuisson, ainsi que la réaction des émaux sur cette nouvelle matière.
Au-delà de la nature, c’est ma place sur terre que je questionne, mon impact sur la planète et donc comment le limiter.
Le minimalisme de mes lignes tend donc à souligner ma démarche, et j’aime à montrer que la pureté, la simplicité, nous amène à la délicatesse et comme le disait Pierre Rabhi, à la sobriété heureuse.

Crédit photos : Eric Demangel - @Yapafoto